Ce que j'ai pu
faire par la suite, c'est ce jour-là que je l'ai résolu".Charles de
Gaulle
la Bataille de Montcornet
d'après Jean-Robert GORCE
Vers midi, les chars
de pointe de la colonne principale atteignent Clermont-les-Fermes, à quelques
kilomètres de Montcornet, mais le gros de l'unité est arrêté au sud de Bucy, en
attente de ravitaillement . Pour la 8e demi-brigade qui forme la colonne de
droite de la division, la progression est plus rapide. Le 24e BCC doit avancer
selon un axe Sissonne - Sainte-Preuve - La Ville-aux-Bois avec pour objectifs
les ponts de Lislet et de Montcornet ; le bataillon du commandant Delatour sera
couvert sur sa droite par la 2e compagnie du 2e BCC qui évoluera sur l'axe
Sissonne - Boncourt - Saint-Acquaire - La Ville-aux-Bois - Lislet. Le 24e BCC
se déploie au nord du camp de Sissonne, 1re compagnie à l'ouest, 2e compagnie à
l'est, 3e compagnie en second échelon. Les Français progressent rapidement,
traversent la ferme de Saint-Acquaire, La Ville-aux-Bois et atteignent vers midi
le plateau qui domine Montcornet au sud. Dans le même temps, la 2e compagnie du
2e BCC assure sa mission de flanc-garde et, après avoir traversé Boncourt,
oblique vers l'est pour occuper Dizy-le-Gros. Les éléments de la 13e BLM suivent
et s'installent en position défensive à Saint-Acquaire. Après une courte
concertation des équipages du 24e BCC, l'attaque proprement dite débute vers
midi. La 2e compagnie entre dans le village de Lislet, tandis que les 1re et 3e
compagnies attaquent Montcornet. À Lislet, la défense du village est assurée
par une section antichar de Pak 37, renforcée par six panzer qui sortent de
réparation et sont sur le point de rejoindre les gros de leur unité. Une partie
du PC de la 1.
Panzer-Division, est installée dans
le bourg. Le General Kirchner, qui
commande la division allemande, a été blessé le 15 mai par un camion qui lui a
roulé sur la jambe pendant qu'il dormait. Refusant de donner son commandement,
il gère la situation depuis une civière et transmet ses ordres par
l'intermédiaire de ses deux officiers d'état-major, Kielmansegg et Wenck. Ce
dernier se rend précipitamment à Soize, où se trouve le PC avancé
du
XIX. A.K. Mot., pour avertir
Guderian de l'attaque des Français . Huit engins de la 2e compagnie pénètrent
dans le village. Immédiatement, ils sont pris à partie à très courte portée par
lesantichars allemands. Deux chars sont rapidement détruits . Les survivants
incapables de vaincre les défenses adverses et à court d'essence, se replient
sur Saint-Acquaire.À Montcornet, la
localité est défendue par la 3.
Kompanie du 666.
Pionier-Bataillon qui a miné l'entrée
sud-ouest. Le 59. Bataillon de
Flak assure la défense
antichar. Lorsque la 1re compagnie du 24e BCC arrive en vue des premières
maisons, un dilemme apparaît. Dans la conception de l'attaque, la bourgade
devait être investie par les chars lourds du commandant Bescond qui seul
présentent une garantie suffisante, en blindage et en armement pour contrer les
défenses adverses. Or, nous le savons, les B1bis sont à ce moment en train de
ravitailler et ne seront pas disponibles avant une bonne heure. Alors que faire
? Les frêles R35 doivent-ils partir seuls à l'assaut ? Les avis sont partagés
mais le capitaine Penet tranche, par cette phrase qui en dit long sur l'état
d'esprit du moment : " vous connaissez de Gaulle. La mission qu'il m'a donnée
est précise. J'y entre. " Penet s'avance donc, suivi par trois autres chars.
Très vite, le feu ennemi se déchaîne, les deux engins de tête sont détruits, les
deux autres font demi-tour. La 1re compagnie se replie à sont tour sur Boncourt
où le bataillon va se regrouper. La 2e compagnie du 2e BCC, quant à elle,
après avoir pris possession de Dizy-le-Gros, poursuit vers La-Ville-aux-Bois et,
à l'ouest du village, il est pris à partie par trois canons de Pak
37
appartenant au Panzer-Aufklärungs-Abteilung
90
, l'élément le plus en pointe de la 10.
Panzer-Division, en route depuis
Stonne pour rejoindre le XIX A.K.
(Mot.) Un des chars ouvre
le feu sur les motocyclistes et les antichars, sans grands résultats et le reste
de la compagnie se disperse. Bientôt, l'ennemi se renforce et deux chars sont
détruits par des canons de
Flak qui sèment le
désarroi dans le camp français. Vers 15 h 30, les R35 se replient en désordre
sur Boncourt et Saint-Acquaire. À 18 heures, la 2e compagnie aura rejoint le
bois de Montaigu où les deux autres compagnies du bataillon, enfin débarquées
viendront la compléter. Au même moment, les premiers fantassins du 4e BCP
arrivent enfin et sont immédiatement engagés pour réduire les poches de
résistance qui subsistent encore aux alentours de Chivres. Du côté des chars
lourds, les D2 ont fini leur ravitaillement en début d'après-midi et repartent
peu après vers le nord-est. Ils effectuent un travail remarquable, "nettoient"
Clermont-les-Fermes, progressent sur le petit plateau au sud-ouest de Montcornet
et atteignent la route Montcornet - Marle vers 15 heures. Là, ils engagent le
combat contre un petit convoi allemand se
dirigeant vers l'ouest. Ils sont bientôt pris à partie par trois pièces de Flak
lourde de 8,8cm positionnées à l'ouest de Montcornet, au sud de la route de
Marle. Deux D2 sont détruits et un troisième char est incendié peu après lors
d'une attaque aérienne. En fin de journée, en manque d'essence, la compagnie se
replie sur Bucy puis Liesse et Samoussy. À 16 heures, les B1bis, qui ont
enfin terminé leur ravitaillement , repartent à l'assaut en direction de
Montcornet. Le 46e BCC s'ébranle en formation de combat, les 3e et 2e compagnies
à droite, le char du commandant Bescond au centre et la 1re compagnie à gauche.
La mission des lourds est de progresser jusqu'à la lisière de Montcornet, de
bombarder le village durant dix minutes, puis de se replier. Déjà, en donnant
cet ordre et en imposant à Bescond une limite de temps aussi courte, le colonel
Sudre n'y croit plus. Il sait que la 4e DCR n'a pas ce jour-là, les
moyens
char RENAULT "R 35" du capitaine PENET touché à la
tourelle et immobilisé à Montcornet (photo mairie de
Montcornet)
de sa mission et
qu'elle ne pourra pas emporter la décision. Quoi qu'il en soit, Bescond et
ses hommes partent vaillamment à l'attaque. Les Français dépassent
Clermont-les-Fermes par l'est et après avoir détruit une automitrailleuse,
s'approchent de leur objectif ou, tout du moins, ce qu'ils considèrent comme
tel. En effet, ne disposant pas de cartes précises, les chefs de chars naviguent
avec des documents issus de l'almanach des PTT, quand ce n'est pas sans carte.
Apercevant le clocher de La-Ville-aux-Bois, ils le prennent pour celui de
Montcornet et foncent dans sa direction . Bescond s'engage avec la 2e compagnie,
pris à partie par un canon de 8,8 cm Flak appartenant au
521.
Bataillon antichars lourd du
Panzer-Aufklärungs-Abteilung
90. Après une
quinzaine de minutes de combat, conformément aux ordres, Bescond s'apprête à
ordonner le repli lorsque son char, le " Berry-au-bac " tombe en panne. Le "
Sampiero Corso " et le " Duguesclin " se portent immédiatement au secours de
leur chef. Ce dernier, laissant auprès du char en panne son pilote, le chasseur
Signol, embarque avec le reste de son équipage à bord du " Sampiero Corso ". En
revenant vers Clermont-les-Fermes, ce dernier sera détruit vers 18 h 15 par deux
coups directs tirés à 2 500 m par une pièce de 8,8cm
Flak. Les huit hommes
qui composent le double équipage périront carbonisés. Le " Duguesclin " est
également détruit. Vers 18 heures 30, l'essence se fait de nouveau rare dans
les réservoirs et les chars lourds de la 4e DCR se replient sur Bucy sous le feu
des Stuka qui ont fait leur apparition au-dessus du champ de
bataille. La
bataille de Montcornet est terminéeminée.
De Gaulle écrira :
" Enfants perdus à trente kilomètres en avant de l'Aisne,
il nous faut mettre un terme à une situation pour le moins aventurée. "
Une église datant du 13ème siècle établi sous forme de croix grecque,
probablement par les chevaliers du Temple. Des décorations de la Renaissance
(porche et porte) ont été ajoutées à l'église en 1546 et 1547 avant que le
bâtiment ait été sérieusement endommagé après le feu dansla ville de Montcornet
(22 avril 1574). Le clocher s'est effondré et a détruit le
porche.

La structure a été alors reconstituée au cours des siècles: elle a
été renforcée avec des contreforts et deux grandes tours sur sa façade (1609 et
1610), entourée par d'autres tours et tourelles poivrières et protégée par des
échappatoires et une cloison d'aérage. En raison de ces travaux, l'église de
Saint Martin Montcornet a été classée comme église enrichie de Thiérache.
Pendant la révolution, de diverses décorations et statues ont été endommagées ou
enlevé et l'église a été transformée en temple de raison et puis d'usine de
salpêtre. D'autres travaux de restauration menés à bien en plusieurs phases
pendant le 19ème siècle ont donné au bâtiment son aspect actuel. Cependant,
l'église de Saint Martin a subi des dommages pendant la première guerre mondiale quand elle a été
employée comme hôpital pour les nombreux soldats blessés de toutes les
nationalités venus du front de l'Aisne et de la Marne. Les tuyaux des orgues
magnifiques acquis après la révolution ont été fondus et la décoration et des
meubles ont été pillés. Enfin 13 mai 1940, l'église Saint-Saint-Martin de
Montcornet a été endommagé quand les morceaux de ferraille ont volé par ses
chambres fortes et vitraux pendant un bombardement qui a causé l'explosion d'un
train de munitions à la gare de Montcornet. Une campagne de restauration a été
commencée en 1948 pour remplacer le plafond en bois par les chambres fortes
gothiques élégantes. Depuis ce temps, le bâtiment - maintenant classé comme
monument historique - a subi de diverses réparations (la toiture, murs et étais
etc.).
la colonne des
Mobiles

Le cimetière de Montcornet possède une bien curieuse colonne
de bronze encadrée par deux tours crénélées.
Ce monument commémore un fait dramatique qui a marqué le canton
tout entier à travers un fait hors du commun.
Cet événement s'est déroulé en septembre 1870 à Laon lorsque la
poudrière explosa, faisant des centaines de victimes, tant chez l'occupant
prussien que chez les prisonniers français.Des débris projetés sur tout le
plateau et jusqu'au faubourg de Vaux provoquèrent de nombreuses victimes
supplémentaires parmi la population civile. 132 mobiles de la 7ème compagnie du canton de Rozoy sur Serre
ont péri dans cette catastrophe qui fit la une de la presse d'Outre-Rhin.
Le général français THEREMIN D'HAM sucombera à la suite de ses
blessures.Le général de l'armée ennemie,
le duc de MECKLEMBOURG également atteint, survivra.
Ce monument a été inauguré le Lundi 1er avril 1872, jour de
Pâques, à la suite d'un service funèbre.
La catastrophe de LISLET
Toujours dans le cimetière de Montcornet se trouve une tombe où
reposent des femmes et jeunes filles qui ont péri pendant l'occupation allemande
(1ère guerre mondiale) Lors de la guerre de 1914-1918, l'occupant installe un
important centre de stockage de munitions, desservi par des voies de chemin de
fer sur la rive gauche du Hurtaut (affluent de la Serre). Cela inquiète les
habitants, d'autant plus qu'on a signalé la présence d'obus à gaz. En mai 1918, un baraquement fait de planches de sapin recouvert
de toile bitumée a été affecté à la fabrication de fusées de réglage pour
l'artillerie allemande. Les autorités militaires d'occupation ont réquisitionné
de force jeunes filles et femmes du secteur, malgré l'opposition des maires de
MONTCORNET et de LISLET. Le 14 mai, vers 15h30, l'explosion tant redoutée se produit
dans l'atelier, transformant les ouvrières en torche vivante ou d'innombrables
"poupées calcinées" suivant les témoins de l'époque. Le bilan est
catastrophique: 11 victimes, 9 autres décèderont les jours suivants après
d'atroces souffrances, 3 blessées graves qui garderont des séquelles à vie et 11
blessées plus légèrement. Des soldats allemands et italiens feront partie des
victimes en essayant de sauver des ouvrières de la fournaise. Ce centre de munitions explosera encore deux fois: peu avant
la libération ( le 9 novembre 1918) et le jour de la Pentecôte 1919
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